La vérité comme problème.

Synthèse du cours du 17/07/25 :

Les notions proches ou antinomiques à la notion de vérité :

La vérité est une qualité qui caractérise une phrase, un jugement : « le ciel est bleu » est vraie si le ciel est effectivement bleu, c’est-à-dire si une expérience commune peut en attester. Elle est alors une vérité empirique ou expérimentale. Descartes nous a mis en garde contre ces vérités : « nos sens nous trompent », dit-il, l’expérience de l’illusion d’optique que nous faisons tous à propos d’une chose ou une autre (bâton brisé, mirage du désert…) nous le prouve souvent. Cependant, un grand nombre de vérités sont issues de l’activité de nos sens, pour s’orienter dans la vie pratique, c’est bien suffisant : l’efficacité renforce alors la conviction du vrai.

Pour établir la vérité d’un énoncé plus solidement, la science a établi des procédures plus rigoureuses. Une vérité scientifique est la conclusion d’un travail théorique et expérimental qui a permis de conclure avec certitude. Une fois le problème posé par le scientifique, la réflexion propose des hypothèses : sur la base de connaissances acquises, d’observations, une hypothèse est posée quand elle apparaît comme une solution au problème. La construction d’expériences permet de valider ou non l’hypothèse retenue. On parle alors de preuves.

Il est logique d’opposer vérité et ignorance : l’absence de jugement est une absence de vérité. Cependant Socrate voyait dans l’ignorance la conscience d’un manque qui laisse place à la démarche de savoir, alors que la conviction de savoir en est un obstacle. Savoir qu’on est ignorant est déjà une victoire, un premier pas, qui nous sauve de l’enfermement dans l’erreur.

Vérité et opinion :

” La foule ” – 2019
Yves Decaudan – 1954

L’opinion peut avoir un statut problématique, de ce fait elle est parfois qualifée d’ «opinion vraie ».

Elle est une affirmation, revendiquée avec plus ou moins de force, en son nom propre ; nous avons avec elle un lien subjectif ou affectif. Cette affirmation reflète une expérience personnelle, ou bien un engagement personnel qui nous la rend attachante. Mais c’est cela aussi qui en limite la portée, toute expérience personnelle fut-elle exigeante ou réfléchie, n’en est pas moins partielle ; elle forme un point de vue, métaphore géographique qui dit bien la limitation inhérente à un regard qui ne peut pas embrasser l’espace en sa totalité.

Cependant, par chance, elle peut être vraie, c’est-à-dire exposer avec justesse et complétude la nature des choses dont elle parle. Elle reste une opinion si le sujet ne fonde pas son adhésion au contenu de cette opinion sur des arguments généraux qui excèdent sa propre expérience. Cette dernière coïncide avec la vérité par chance. Elle n’a pas la même valeur car un échange mené habilement sur le sujet peut fragiliser l’adhésion.

Dans l’opinion il y a donc une croyance : une adhésion qui n’est pas fondée sur une certitude rationnellement obtenue. L’appartenance à une communauté de pensée peut favoriser cette adhésion.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *