Introduction :
Questions générales :
Qu’est-ce que la morale ? Est-ce que cela existe ? Quels problèmes pose-t-elle ?
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Existe-t-il quelque chose comme la morale, qui ne soit pas le surmoi, la coutume, un code de soumission, ou des lois intériorisées ? Quelque chose qu’on définirait (et la question est de savoir si cette définition a un objet ?) comme une autonomie de la volonté, ie une volonté totalement légitimée par elle-même et orientée sans hésitation vers une fin qui confirme sa valeur.
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Si la morale existe, elle pose 4 conditions (que nous avons résumées dans la carte) :
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Je peux me conduire moi-même et j’ai le souci de ma dignité.
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Je pose des fins à mes actions qui ne sont pas réductibles à des intérêts matériels ou sociaux.
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Autrui pose une limite à cette conduite.
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Je me fais une représentation idéale de la conduite humaine.
Est-ce un mot qui désigne quelque chose de particulier, de distinct, ou bien de déjà dit avec d’autres mots ?
Un concept clair et distinct qui saisit une discussion spécifique de l’action ou une idée confuse qui assimile des réalités obscures ?
Morale ? =
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Surmoi
Ensemble des règles intériorisées dans la première éducation.
Culture, religion
Règles relatives à une communauté humaine partageant le même sens des valeurs ou la même idée d’une humanité digne.
Déterminismes (biologique ou sociologique)
Objectifs de l’action fixés par les aspirations naturelles de l’homme et non un choix. Approche matérialiste qui voit dans la morale une systématisation des élans naturels spontanés donc irréfléchis et sentis comme adéquat à l’existence concrète.
Code de soumission
Construction idéologique qui soumet des hommes à d’autres en aliénant aussi bien leur corps que leur pensée.
Mystification (+/- bienveillante).
Construction idéologique manifestement malhonnête qui cache ses intentions de soumettre une partie des individus formant la communauté.
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La morale fait l’objet de controverses : les individus ne sont pas d’accord ; pourquoi? Différences de valeurs ou d’intérêts ? Comparaison avec d’autres conduites qui semblent avoir le même sens (le choix d’un type d’humanité), les mêmes moyens (médicaux : médicaments ou échographie) et les mêmes finalités (le bonheur des parents : leur satisfaction et la simplification de leur existence ou bien à travers leur discours : le bien-être de l’enfant ).
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La morale n’est pas éternelle, elle doit être repensée avec la transformation des fins et des moyens humains de l’action. Or chacun se cherche une morale pour donner une ligne directrice à sa vie, donner une dignité à sa conduite. Donc le problème de la définition des principes se repose régulièrement.
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La morale se prononce sur les conduites indifférentes aux yeux de la loi. Que la loi se soit prononcée ou non, l’action interdite ou autorisée ne l’est pas, ou pas seulement, pour des raisons morales. La valeur de l’action prescrite reste entière.
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La morale doit prendre en compte les conséquences réelles de l’action. L’opposition principe et conséquence matérielle ne peut pas fonctionner. Ces deux moments de l’action suppose des réflexions différentes mais la cohérence est nécessaire.
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Chaque conduite contient une affirmation morale (une certaine idée de l’homme et de la valeur de sa conduite), il est illusoire de croire que certaines conduites seraient « purement pragmatiques ».
Les questions morales se déploient en 4 directions, 4 points de départ pour retrouver l’ensemble des questions :

