Exercices préparatoires

Travail exercices préparatoires

Introduction :

  • Travail/Langage/ Art : 3 formes de productions et d’expressions de la vie spirituelle des hommes. à suivre

  • Les problématiques du travail : comment le travail est-il présent dans la vie de chacun ?à suivre

  • Question universelle, collective et singulière.

    Ces mots sonnent comme le souvenir d’un moment douloureux où la catastrophe nous est tombée dessus. Ce moment est présent dans plusieurs textes mythologiques, de différentes traditions. « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front » sont les mots exacts de la malédiction divine dans la Genèse biblique. Les mythes sont produits par des hommes qui cherchent un sens à leur expérience et leur nature, cette façon douloureuse d’envisager le travail est quotidienne : il se répète, il nous fatigue, même quand il nous plaît, il échoue parfois, il nous prive de notre temps…comment ne pas le trouver difficile et douloureux ?! Nous le comparons à des temps plus agréables : le jeu, le hobby, la détente, le divertissement. Nous formons le souhait irréaliste de ne pas avoir à travailler, d’avoir les fruits du travail sans les efforts à fournir, comme les privilégiés des autres époques (les Nobles ou les hommes libres en Grèce Antique) mais notre esprit démocratique et humanitaire nous détrompe rapidement. Peut-être un jour les machines nous libéreront-elles de ce fardeau…? mais ne sont-elles pas aussi produites et conduites par des hommes qui travaillent !? Il nous faut bien dans un premier temps reconnaître que le travail semble être un élément indépassable de notre condition humaine.

    Par delà une plainte stérile, quels problèmes tirer de ce constat ? Est-ce vain et puéril de vouloir dépasser notre condition ? Est-ce un souhait superficiel, qui ignore les bienfaits du travail : sociaux et personnels ? On prend plaisir à créer, à s’exprimer par le travail, à coopérer avec les autres, à participer à des ouvrages remarquables. Ici se pose un autre problème : de quoi parlons-nous exactement quand nous disons que nous travaillons ? Est-ce une simple activité, productrice, dynamique et appliquée mais solitaire ; ou bien est-ce une activité sociale dans le cadre d’une organisation collective ? Comment nos intérêts personnels sont-ils investis dans une œuvre collective ? Cette modalité de production, qui prend en charge notre aliénation naturelle, nous rend-elle en plus dépendants les uns des autres ?

    Nos questions : quelle est la particularité du travail humain? En quel sens est-il une action sociale et technique ? Comment engage-t-il et transforme-t-il notre subjectivité ? Est-il indépassable démocratiquement ?

A) Définition du travail :

L’humanité peut-elle survivre sans travailler ? Le travail est-il une réalité anthropologique universelle ?

On peut partir (on doit) du langage courant, il contient une idée commune, populaire, consensuelle, du travail, tel qu’il est abordé et conçu par les locuteurs de la langue.

Expressions du langage courant

Extraction du concept populaire du travail.

Un premier travail est difficile à trouver.

Un emploi pour gagner sa vie, une fonction ou un métier par lequel on répond à un besoin social et dont on tire un revenu, ou bénéfice.

Une femme à terme est entrée en travail.

L’accouchement a commencé, et avec lui les efforts et les douleurs aussi.

Les pièces de bois travaillent dans le meuble.

 

Le meuble commence à vieillir, il a subit les pressions physiques des utilisateurs ou les variations de la température. Il est moins stable, il faut le revisser ou mieux en ajuster les pièces.

Il faut travailler pour réussir ce qu’on entreprend.

La volonté n’est pas productrice, ce sont les actions persévérantes et efficaces qui concrétisent les déclarations d’intention.

Elève sérieux et travailleur.

Il est porteur d’initiative, il reprend ses leçons, s’applique à faire ses exercices ; il cherche la meilleure technique et l’applique avec patience.

Définition du concept porté par le mot :

Le travail se présente comme une activité qui n’est pas son propre but mais qui produit quelque chose,utile aux autres ou à soi-même, directement ou indirectement. Cela demande des efforts, de la persévérance, du savoir-faire, et donc provoque une forme de souffrance. Il met en œuvre les moyens qui rendront concrets, réels, nos désirs et nos projets.

Pour aller plus loin dans la construction du concept de travail humain, faisons quelques comparaisons ou approfondissements :

  • Cette définition contient une intersection avec l’activité des animaux : eux aussi répondent à certains besoins par la transformation de la matière, Mais contrairement à nous ils le font a minima, ils s’intègrent à leur milieu, ils ne le transforment pas radicalement. Le travail humain bouleverse son monde, il le soumet à ses exigences autant qu’il peut ; l’intrusion et la contrainte qu’il y porte sont de taille. C’est là une première différence remarquable.

  • Contrairement au travail des objets ou des forces naturelles, le travail humain est fait par un sujet, une personne qui agit de sa propre volonté. Il définit un but, en relation avec des besoins sociaux et les réalise en utilisant des techniques socialement héritées. Le travail prend place dans la culture : qui définit les buts positifs, qui fait dons des acquis du passé, mais qui demande la vitalité individuelle pour exister.

    Il assume son action qui n’est pas naturelle mais technique, acquise par apprentissage et approfondie par la pratique quotidienne. Cela demandera un effort, et même un engagement durable dans l’effort pour s’approprier la technique et parvenir à ses fins.

    Le travail humain est social dans ses buts mais personnel dans son exécution.

  • Comme le travail qui fait advenir l’enfant dans lequel on se cherchera un peu, le fruit de tout travail humain est le symbole de l’habileté et de l’engagement de l’homme. Il sera ou ne sera pas le témoin de notre implication sociale dans la création du monde commun.

Marx construit une définition du travail humain qu’il oppose à une analyse du travail inhumain (autre qu’humain) ou aliénant (destructeur de la forme humaine du travail). La première définition est en effet compatible avec le travail animal ou machinal, elle ne saisit pas le propre de l’homme.

Marx complète la définition du travail humain pour saisir ce qui en fait une activité proprement humaine : le travail est une activité productrice technique, subjective et sociale. Ce qui porte atteinte à cette richesse du travail humain l’aliène et en détruit la qualité.

1. Marx:Crawford

2. Arendt Travail:Monde